Nextclues -Chick Peas
CHICK PEAS
S/T [CD]
BOOM BOOM RIKORDZ
2008

Une basse qui trace sans jamais regarder dans le rétro. Une autre basse qui se prend pour une guitare, brandissant fièrement ce putain de son Rickenbacker, reconnaissable entre mille. Une batterie réglée pour claquer comme à la grande époque du Chicago Sound. Pour le moment on ne bouge pas de l’Illinois(e), parce que cette formule, c’est précisément celle de Bear Claw et de Dianogah - dans sa version la plus franche du collier. On rajoute un peu de chant gueulé loin du micro, mais vraiment très peu – et plutôt bon quand il fait ses rares apparitions –, et on touche au but : me voilà avec plus de Chick Peas qu’à l’accoutumée dans ma petite caboche de noiseux invétéré. Et j’aime ça, surtout quand je repense aux pauvres petits dudes qui croient que cette musique s’est un jour arrêtée et qu’elle devrait être régulièrement affublée d’un « 90’s ». De la noise 00’s, fuckers, meilleure que jamais, et par un trio de lyonnais (Bruno, Pedro et Digo) qui s’amuse à retrouver toutes les possibilités, qui joue aux inversions, aux permutations, qui accélère, décélère, place des mélodies, des harmoniques, des breaks, et qui le fait le plus simplement du monde, tout en 4x4, the number of the (rock’n’roll) beat. Et c’est très bien aussi comme ça, car si à la première écoute j’ai trouvé que les compos, rigides, manquaient parfois de violence, de complexité, de saturation et de punkitude, à partir de la deuxième écoute, je n’ai pensé qu’à secouer mon Chick Pea, celui qui a ses petites préférences pour des titres plus crados comme Tomy, Incredible et Bad Weather…, qui lui rappellent à quel point Milkmine était un groupe fabuleux. Fabuleusement ignoré, aussi.

L’artwork (de Richard [lobo] Suzuki), qui pour une fois ne ressemble pas à un travail purement informatique, est vraiment pas mal du tout, même si relativement énigmatique, comme le seul truc qui cloche sur ce cd, à savoir le ghost track inutile – mais qui me fait repenser à celui du Discipline Through Sound de Big’n, l’appel téléphonique en moins - et qui présente le seul avantage de terminer l’album exactement de la même manière qu’il avait commencé. À moins que ce ne soit l’inverse. Dire que c’est précisément là, en bout de bande, qu’ils auraient dû en profiter pour envoyer valser une reprise de Baptism … Faut toujours tout leur expliquer à ces gones…

(8.5/10){Bil}
 
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